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CHRONIQUE CINÉMA
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Cinéma
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Polytechnique
Je ne m’attarderai pas longtemps sur la description du scénario puisqu’on connaît l’histoire. L’angle abordé est celui du drame du 6 décembre 1989 à travers les yeux d’une victime et du tueur Marc Lépine que l’on ne nomme pas dans le film.
Entièrement en noir et blanc, Polytechnique est bouleversant. La trame dramatique est pleinement réussie et il faut de longues minutes pour décanter à la sortie de la salle. Le film est court (une heure 15) et intense. Il laisse un sentiment de tristesse, de honte ou d’humiliation, au choix. Il ne tente pas de rien expliquer : il nous montre crûment la vérité. Les plans, rapprochés et directs, nous amènent au cœur du drame. Je me suis senti intimement lié aux personnages. Même si on a volontairement enlevé des scènes de violence, celles qui sont restées sont d’un réalisme et d’une intensité difficile à supporter.
Le film est pourtant d’une grande subtilité. Il s’inscrira sans doute dans l’histoire du cinéma québécois et son traitement, universel, peut lui valoir une diffusion mondiale. Je ne crois toutefois pas que tout le monde va apprécier ce film qui demeure une œuvre essentielle mais difficile. Il faut être dans de bonnes dispositions pour le voir et l’apprécier pleinement.
9 sur 10
ajouté : 2009-02-09
Nicolas St-Pierre
CKRS radio 98.3 fm
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